









florence




J ai connu le premier album "autre" au début de ma convertion,en l écoutant j ai beaucoup appris sur qui est Dieu et surtout ce qu Il donne dans des temps d intimité avec Lui.Merci Thierry pour ton partage,ta sincérité.
Du groupe Exo, il fut le tiers pendant dix ans. Après quoi Thierry Ostrini semblait presque avoir disparu… pour mieux réapparaître aujourd’hui avec un nouvel album solo aux accents de louange populaire : Lo.-Pop. De la pop (pop-rock). Et du texte. Du beau, du travaillé. Du Thierry Ostrini. Pour mieux revenir sur ses actualités personnelle et musicale (sont-elles seulement dissociables ?), il nous reçoit, détendu et souriant, dans un cadre musical (piano d’ambiance) et lumineux, aux allures de brasserie et de salon-où-l’on-cause, à Strasbourg. Comme une première chanson ou comme une plage sans fin, ces quelques lignes, ici, pour définir un peu l’intention d’un auteur face au vertige des mots. Lo.-Pop se dévoile comme une chambre d’enfant à l'instant où elle accueille son destinataire pour la première fois. Lo.-Pop est là. Simple, vulnérable et fragile. Comme un repas, il l'a voulu. A partager, il l'a souhaité.
Séphora : Thierry Ostrini, on te retrouve enfin sur un 13 titres, plus de cinq ans après Autre … Tu t’es fait rare !
Thierry Ostrini : Je fais partie de ces artistes qui ne s’expriment pas trop lorsqu’ils n’ont pas grand chose à dire. J’ai traversé une période de recul par rapport à pas mal de choses : quant à moi, à l’Eglise, à la société… ça fait beaucoup. Ma relation à Dieu, aux autres, à moi-même, s’exprimant le plus souvent par le chant : ceci explique cela. Ça m’a manqué, ça me manque. Mais c’est comme ça, le temps-à-part fait véritablement partie de mon cheminement. C’est pas que j’aime ça, mais j’aime la vie suffisamment pour respecter ces saisons-là.
Séphora : Un rapide retour sur ces deux-trois dernières années. Un déménagement en Alsace, un départ du groupe Exo : c’est un recul conséquent.
Thierry Ostrini : (rires) Il faut reculer pour mieux sauter, dit-on. Là, j’ai reculé loin et fort et j’ai bel et bien sauté, mais plutôt comme une bombe dans un premier temps. Ça fait des éclats aussi.
Séphora : Eclats 5, par exemple ?
Thierry Ostrini : Oui. Par exemple. Je suis présent dans les compos et je me suis rendu disponible pour tous les domaines qui pouvaient impliquer ma présence. C’est un bon album, je trouve. J’ai également travaillé, ponctuellement, sur l’album de David Durham (un titre) et sur la dernière production de Maggie Blanchard. Je bosse sur un répertoire franco-chinois et j’ai même chanté en italien sur Noi t’adoriam o Padre d’Albino Montisci. Un petit rap sur un recueil pour enfants par ailleurs. Et je m’essaie aussi à l’écriture, en rimes, sur une adaptation française d’un livre avec JEM, pour enfants également.
Séphora : Aujourd'hui, tu es chantre dans une église évangélique en Alsace. C’est pas commun. Ça s’explique ?
Thierry Ostrini : On m’a proposé ce poste à tiers-temps. J’ai précisé que mon appel n’était pas d’être "worship leader" ou "youth pastor" (ce qui ne m’empêche pas de fonctionner comme tel ici et là) et que l’essentiel de ma vie était de chanter et de composer pour Dieu : une sorte d’auteur-compositeur-interprète. L’église était, quant à elle, dans une saison de "défrichage". On est partis à la découverte de ces nouvelles terres ensemble. Un an après, on commence à y voir un peu plus clair : l’obéissance ne sous-entend pas toujours que l’on connaît tous les détails du pourquoi et du comment.
Séphora : La transition s’est faite sans douleur ?
Thierry Ostrini : On laisse toujours quelque chose derrière soi. Des gens surtout. Des paysages et des gens. « Toi, suis-Moi !» implique ce genre de rupture. Il faut simplement être certain de le faire par amour. Par amour pour Dieu. De ça, je n’ai jamais douté !
Séphora : Dans l’immédiat, tu lances Lo.-Pop…
Thierry Ostrini : Lo-Pop (contraction de LOuange-POPulaire) est un peu le survivant d’un déluge existentiel (rires). Ça serait dommage qu’il ne vole pas ! Cela dit, il est peut-être aussi pionnier, avant-coureur, fer de lance d’une conception différente d’un phénomène inhérent à l’Eglise : la louange ! que j’ai toujours désirée accessible dans sa forme, dans son langage, dans son expression à une société qui – je le crois vraiment – soupire après la révélation du Fils de l’Homme : le Fils de Dieu. Jésus-Christ ! Je me suis réellement attaché pendant ces derniers temps à quitter mes automatismes culturels, qu’ils soient ecclésiastiques ou sociaux : Dieu renouvelle notre intelligence. Vraiment ! Ma conception de ce qui le concerne Lui et Lui uniquement a considérablement changé depuis Autre. Lo.-Pop est issu de tout ça.
Séphora : Un petit mot d’encouragement pour nos lecteurs ?
Thierry Ostrini : J’espère que ces quelques lignes sont déjà une forme d’encouragement pour chacun. Savoir que notre histoire avec Dieu est finalement assez proche de notre histoire à tous est encourageant, non ?! L’histoire de cet album est celle de quelqu’un qui, en dépit de tout et au risque de tout perdre encore, a trouvé en Dieu la force de réinvestir ses quelques talents avec quelques autres. Et qui croit - par la foi - que ce n’est pas en vain. Que Dieu travaille le caractère de chacun, le mien, le tien, le nôtre ensemble. Et surtout, ma prière est que nous Le laissions agir, Lui, sans bâtir de nos propres mains, à force de mérites ou d’illusions, un château de sable pour nous-mêmes plutôt qu’un Royaume des Cieux pour son plaisir à Lui et pour ce monde qui en a tant besoin.



